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Love me, Take me, Betray me, Leave me

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Quitter, pleurer, baiser

En ce moment, j'ai l'ennui facile et gracile. Je m'ennuie partout et tout le temps. Ou presque.
C'est depuis le cimetière, depuis le cercueil, les larmes. Le travail, ça fait du bien, c'est le seul avantage de la prépa. Pouvoir travailler de 12.00 à 22.00, parler une heure ou deux, dormir le reste du temps. Ça donne un peu d'oubli. Un peu de recul.

"Mais pourquoi tu t'habilles en mec ? Franchement, avec un corps aussi féminin que le tien, c'est du gâchis !"

L'ennui, c'est ma façon à moi de gérer. Ma façon de ne pas sombrer. Je passe mon temps à trainer. Je me dis que j'ai pas le temps. Quand tous mes potes sont en vacances, il me reste un mois, avec les concours blancs, les khôlles. Puis reprendre après deux mois quand ils en ont trois ou quatre. J'suis la comme une conne, loin de tout, loin d'eux, loin de ma terre. Et j'ai envie de voyager avec P-A, partir, sentir un autre air.

"Techniquement oui, mais idéologiquement non, un beau cadavre nécessite un beau corps, et je ne peux juste pas sacrifier une jeune et jolie créature, je préfère la tringler "

Baiser aussi. Je m'envoies en l'air. Pas avec Lui, pas avec cet autre que j'ai rencontré par hasard. Non. Avec celui qui veut découvrir mon coté sombre. Le sexe permet d'oublier. S'avilir encore, s'avilir toujours.

"Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir"
Suréna, Corneille

J'ai la tête pleine, je passe mon temps à penser, allongée, à ne rien faire. Oh, ne rien faire ! Lire à nouveau, des bouquins qui n'ont rien à voir avec la prépa, des bouquins tout cons, des bouquins qui font rêver, partir, aimer. Aimer les personnages, aimer les gens, aimer les souvenirs.
Je crois que je ne sais plus écrire.

Et j'ai envie encore de marcher toute la nuit, de sortir de chez cette inconnue et de voir le soleil se lever sur cette ville où je suis née, mais où je n'ai jamais habité. Marcher, marcher, marcher.
"J'ai passé des nuits entières à marcher sur ces frontières, l'arme à la main, l'oreille aux aguets, le regard vers l'étranger" Koltés, Retour vers le désert, le Grand Para Noir.
Boire aussi, comme en bivouac. Je ne me suis jamais sentie aussi vivante que quand mes jambes fatiguées ne pouvaient plus me porter après trop d'heures éveillée, après trop d'heures de marche rapide, après avoir souffert du manque d'oxygène dans mes poumons, le manque de nourriture dans mes tripes, et l’excès d'alcool dans mes veines.

J'ai froid, mon corps est pâle comme celui dans le cercueil, je ne vais pas bien. J'ai envie d'aller le déterrer, être sûre qu'il est bien mort, le toucher. Non, pas le toucher, je n' ai pas pu, pourquoi le ferai-je maintenant ? Je veux garder une trace de sa chaleur, une trace de ses mots.

"Aller, la sauterelle, on va dormir"

La Sauterelle. Si j'étais le maître du haut château, ce surnom passé prendrai tout son sens. Il n'en a plus. Comment  on vit, après avoir fermé les yeux ? Pourquoi on reste, pourquoi le monde tourne encore ? J'ai pas envie. J'ai pas envie d'être insultée en cours, de retenir mes larmes, juste parce que personne ne se rend compte que la mort rôde sur les chemins.

J'ai envie de tout envoyer en l'air. Tout foutre dans le vent, regarder les cendres partir loin, loin, loin. C'est comme ça que mes parents veulent partir. Moi aussi. M'envoler dans la mer. Revoir l'ex futur père de mes enfants une dernière fois.

"All I want it's get off ! Babe, come on, yeah !"
Dandy Warhols

Danser comme une forcenée, chanter quand je marche, c'est ma façon de... Chanter à me déchirer le larynx, foutre au feu ces chansons tristes, danser, danser à l'horizontal et à la verticale, les nuits blanches, le foutre, la vie, la mort, chanter encore, marcher, ne plus savoir, continuer, pleurer parfois. Je me perds dans mes contradictions. Parlons-en de ma diction ! Min accent picârd, mes liaisons de préparationnaire, mes diérèses, mes ô toujours ouverts et mes é toujours aigus. Ma façon de placer des "putain" dans une phrase bien construite, ma façon de chanter en parlant, l'air de rien, de faire quelques rimes, merde ! Ma façon de dire qu'on va partir, d'imaginer une voiture que je me serai achetée filer dans la nuit allemande, ma façon d'y croire sans y penser, ma façon d'être, de vivre.

Égoïste !

Toi, t'es là à te plaindre, alors qu'il y a pire sur terre. T'es là à geindre, à rien foutre, à attendre qu'on te nourrisse, que tes études se finissent, t'es pas foutue de te prendre en main, t'es pas foutue de faire face à la réalité, t'es trop fragile, tu fais chier, tu te travestie en homme pour faire croire que tu es forte, mais t'es rien. Tu te plains alors qu'il y a des pays en guerre, des gens qui crèvent de faim, de froid sous les ponts près de ta baraque tout frais payés par tes parents, tu fais partie de la middle-class râlante, et tu prends exemple sur elle, mais tu ne te poses pas de questions, tu fais rien pour arranger les choses. Comme si une carte d'un parti apolitique changeait les choses. T'es là, tu te plains, tu fous rien à part chanter des chansons plus vieilles que toi et désabusées. C'est pas parce que tu as l'impression de l'être que...

T'es là, avec ton corps froid et blanc comme le marbre, avec des veines de suie, des cernes de cendres, tes larmes d'or, tu fais rien, tu attends, mais quoi ? La mort viendra, un jour, en attendant il faut vivre, regarder vers l'avant, ne pas laisser les départs t'abattre, parce que chaque départ est une retrouvaille.  Tes phrases, tes cheveux, tes ongles sont trop longs. Il faudrait voir à t'occuper de toi, ne pas te laisser en friche comme ça. Faudrait voir à te prendre en main, à réfléchir à autre chose qu'à l'art, à la biographie, aux guerres Justiniennes. Réfléchir un peu à ce que tu vas faire de ta vie, regarder vers l'avant, enlever tes binocles et faire face à la vraie vie, plutôt qu'à toutes tes branlettes intellectuelles. Aller, valide ton année, fais en une autre, et occupe toi de la suite, voir où tu bosseras cet été, le suivant, où tu feras ta thèse, si tu iras en archéologie ou ailleurs, voir où tu élèveras tes gosses, où sera ta maison. Il est temps maintenant.

Temps de vivre les pieds sur Terra
Ecrit par Lady M, le Vendredi 10 Mai 2013, 15:37 dans la rubrique "Pensées".